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14 décembre 2018 – Antonin raconte des histoires vécues pendant la grande Histoire

Le problème avec les restos BD de fin d’année, c’est que juste après, il y a les fêtes … de fin d’année !

Quelques passionné.e.s ont pourtant répondu présent.e.s à l’invitation de Jacques Pavot, président de BDM 33, le vendredi 14 décembre dernier. Une soirée qui valait le déplacement à Montalivet où les « happy few » ont pu boire, après l’apéro d’accueil, les paroles d’Antonin Dubuisson qui présentait ses œuvres de bande dessinée. Une mise en bouche qui s’est conclue par la distribution d’un ex-libris et les traditionnelles dédicaces des albums par l’auteur. Comme dans ce petit village d’Armorique bien connu des bédéphiles, la soirée s’est prolongée autour d’une bonne table jusque tard dans la nuit !

Mais remontons un peu le temps et replongeons-nous dans l’ambiance de ce sympathique resto BD qui se déroulait, une fois n’est pas coutume, dans un nouveau décor : celui des Copains d’abord, à Montalivet.

Après avoir rapidement brossé sa jeune carrière et son appartenance au collectif d’auteurs « Croc-en-jambes », maison d’édition indépendante forte de 7 membres, Antonin nous a très vite entraîné dans les histoires au cœur de l’Histoire. D’abord celle d’Ernest, son arrière-grand-père, un poilu qui consigna son parcours de guerre dans un journal. C’est ce carnet de bord qu’Antonin a retrouvé et mis en image. Pendant la Grande Guerre, la France est en guerre contre l’Allemagne mais aussi contre son allié ottoman. C’est ainsi que des troupes françaises occupaient la Cilicie, c’est-à-dire le Sud de l’actuelle Turquie. C’est ce chapitre méconnu de l’Histoire qu’Antonin nous raconte à travers les tribulations de son aïeul qui se retrouve plongé dans les geôles turques, de sinistre réputation…

Dans Manolis, nous découvrons les aventures du père du scénariste Allain Glykos. Fuyant la Turquie, le héros retrouve sa famille établie en Crète. Là, sa seule perspective d’avenir est le travail à la vigne, ce qui ne lui plaît pas. Il quitte la Crète pour venir s’installer à Bordeaux où son intégration ne se fait pas sans mal. Du coup, il se retrouve obligé de retourner travailler dans les vignes, celles de Camblanes, pour s’en sortir…

Dans leur dernier album commun, Gilets de sauvetage, Antonin et Allain Glykos relatent la rencontre bouleversante de ce dernier avec les migrants syriens et libyens. Gilets jaunes et gilets de sauvetage… pas tout à fait la même galère..!

Depuis sa première réalisation, les Carnets de voyages musicaux de Karakolo (Prix de la presse du festival du carnet de voyage de Clermont-Ferrand en 2011) qui ont pour origine un périple au Burkina Faso et au Mali, Antonin raconte des histoires vécues. Il explique qu’il vit dans la peau de ses personnages quand il les dessine. Il grimace quand il leur mène la vie dure, il sourit quand ils sont heureux ! L’artiste ajoute qu’il aime aussi parfois travailler dans un cadre contraint, ce qui l’a conduit à se livrer à l’art du « gaufrier » : un moule rigide 6 cases identiques dans lequel doit tenir une histoire dans paroles !

Son prochain album – un projet pour lequel Antonin a obtenu une bourse d’écriture – raconte l’histoire de 2 copains dans un village fictif des Landes qui s’inspire de celui de Tartas. Il est prévu une version BD de l’eouvre mais également une pièce de théâtre filmée. A suivre…

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9 juin 2018 – Gouzil croque les convives du 1er resto musical dessiné de Montalivet

Samedi 9 juin s’est tenu au restaurant « Chez Gilles et Marika » de Montalivet un resto BD d’un nouveau genre. Une initiative de l’association d’amateurs de bandes dessinées BDM33. L’invité « cobaye » de cette opération était le dessinateur de presse Gouzil, bien connu des lecteurs de journaux médocains.

      

Un menu copieux

Les heureux participants ont eu droit à une sorte de « complète » du genre. En apéritif, la traditionnelle présentation autobiographique de l’auteur sur l’air de « ma vie, mon œuvre ». Pièce de choix au menu de la soirée : un quartet de musiciens de jazz accompagnait le diner en musique. La sauce était servie par Gouzil lui-même qui s’est livré, au fur et à mesure du repas, à quelques carricatures de circonstance sur un paperboard installé à dessein en bout de table. Au dessert, le journaliste s’est prêté de bonne grâce à la très attendue séance de dédicaces et de caricatures.

La formule, bien que très alléchante, n’a rassemblé qu’une vingtaine de « happy few ». Il faut dire que l’association est à un tournant de sa jeune histoire. Avec le départ des pères fondateurs du club, Robert Charron et Maurice Gourbière, certains anciens semblent aussi en avoir profité pour tirer leur révérence… Quelques nouvelles adhésions ont cependant été signées.

Gouzil, dessinateur de presse, qui a collaboré en son temps avec le Journal du Médoc, dessine aujourd’hui régulièrement dans l’édition du quotidien Sud-Ouest, plus particulièrement dans les pages Médoc. Il explique, avec l’humour qui le caractérise, la difficulté de sa profession, qui, faute d’être suffisamment lucrative, n’est d’ailleurs pas son activité principale. Le public présent (et averti) était surtout curieux de savoir jusqu’où pouvait aller la liberté de la presse. Ce à quoi le dessinateur répond qu’il a rarement été confronté à des problèmes de censure en interne. Il concède toutefois qu’il a su s’adapter à ses différents rédacteurs en chef. « On n’est pas Charlie ! », s’est-il souvent entendu répéter. « Alors, on se fond dans le moule », explique-t-il. Ce qui n’empêche pas la palette de ses carricatures d’aller du dessin « soft gentil au parfois un eu piquant ». En revanche, ce sont les réactions de ses « sujets » qui sont parfois imprévisibles. Il ne les prévient pas qu’il va les dessiner et leur laisse la (mauvaise ?) surprise. « Certains ont la plainte facile », raconte-t-il. D’autres lui ont carrément téléphoné pour lui proposer d’en découdre à mains nues !… Heureusement, le journaliste bénéficie en pareil cas de la protection du journal qui l’emploie.Des coups et des couleurs

Gouzil, à lire et à rencontrer

Une collection des œuvres de Gouzil sur le sport (Va t’faire foot ! Ovale Heureux combattants, On va enfer le tour…), a été publiée aux Editions « Les Moutons Noirs vous disent ». Sa dernière collaboration avec le journaliste Bernard Duporge « Duvallon dans les Jaugues » est éditée par l’éditeur médocain indépendant Libre Label. Le coup de cœur du Prix littéraire de Saint-Estèphe lui a été décerné.

Gouzil sera l’un des trente-cinq auteurs invités aux Estivales de la Bande Dessinées de Montalivet, présidées par Guillaume Bouzard (auteur de Plageman) les 21 et 22 juillet prochains.

 

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