Après la défense de l’orthographe, l’orthographe de la défense …

Les défenseurs de l’orthographe n’ont pas trop eu le vent en poupe ces dernières années. La faute à la réforme de l’orthographe, tout d’abord, issue d’un rapport de 1990 du Conseil supérieur de la langue française, qui prônait la mise en place de la « Nouvelle Orthographe ». En France, depuis la parution du Bulletin officiel de l’Éducation nationale hors-série no 3 du 19 juin 2008, « l’orthographe révisée est la référence » notamment dans les programmes scolaires.

La « globishisation » des échanges, ensuite, qui conduit les employés des multinationales ou des organisations internationales à utiliser au quotidien un succédané de langue anglaise baptisé « globish ». Pour des raisons d’accessibilité, d’efficacité et de pragmatisme, ce dernier a éclipsé le français depuis belle lurette comme langue de travail internationale, n’en déplaise à l’Organisation Internationale de la Francophonie. Alors tant pis si la langue de Molière s’en trouve quelque peu malmenée !

Le pire est venu des sms, pour lesquels l’orthographe phonétique et abrégée est devenue l’idiôme de la jeunesse d’aujourd’hui… et sera peut-être bientôt totalement remplacée par les émoticônes, véritables hiéroglyphes du 21e siècle ! Progrès ou régression de la communication et du langage, le débat est ouvert !

Pourtant, l’orthographe de la langue française, dans sa rigueur et sa complexité, que d’aucuns peu scrupuleux s’apprêtaient déjà à jeter avec l’eau du bain… linguistique, pourrait tout à coup se parer de nouvelles vertus protectrices … contre les spams, les arnaques sur internet, et autres fake news !

L’explosion de la cybermenace se traduit au quotidien pour l’internaute lambda par des contrefaçons d’articles de presse et des révélations abracadabrantes sur les réseaux sociaux, des messages bancaires, caritatifs voire personnels (lorsqu’il s’agit de comptes individuels piratés). Et c’est précisément là que l’orthographe, la bonne orthographe, reconnaissable entre toutes par ses règles d’accords compliqués, ses irrégularités, ses exceptions, et ses particularismes, redevient notre alliée !

La rigueur orthographique devient un paramètre discriminant pour évaluer la fiabilité des sources : rien de plus louche que le logo d’une grande enseigne accompagné d’un message publicitaire truffé de fautes d’orthographe… encore faut-il les voir ! Rien de plus suspect qu’un article prétendument de presse, qui se moque des règles de l’orthographe quand ce n’est pas de la grammaire !

Tant que les « bons » utilisateurs de la toile feront l’effort de respecter scrupuleusement l’orthographe et que les « méchants » continueront d’afficher leur médiocrité en cette matière, alors cela vaudra peut-être le coup, entre autres raisons, de redonner ses lettres de noblesses à cette discipline, à ce vecteur essentiel de notre culture et de notre communication et de (re)valoriser son apprentissage dans nos écoles.

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